Oyez oyez, dames coquettes, damoiseaux frivoles et moiseaux interlopes ! Votre bouffonne mensuelle est fort aise en ce jour ! Ses dernières bouffonneries relativement sérieuses sont d'une part un succès (une licence de droit entrée dans son actif, aux côtés de sa congénère physicienne empoussiérée) et constituent d'autre part le retour héroïque d'un saut farouche dans l'inconnu (premier stage terminé). La folle du roi est en joie.

Il est maintenant temps de se livrer aux vraies bouffonneries et aux plaisirs fondamentaux de la vie : les plaisirs liés à la transe synesthésique.
Le premier dessin du mois s'appelle Logos.



Tu peux être double, tu peux être triple, et tu contiens l'Unique.
Tu deviens ce que tu contiens : la force contenue mère de l'infinité des formes.

Maître des onze dragons enlacés, le temps coule à travers tes doigts. Tu es le Logos, le mot duquel jaillit la Lumière.
Tu prends et tu reçois, tu animes et tu donnes, tu condenses et tu disperses.
Ton oeil recueille la Lumière de Pan et tes myriades de bras la sculptent.
Tu es la voix du désir silencieux, le Saint Esprit objet du désir universel. Tu es la Vierge dont le voile azur couvre l'obscur mystère.

Tu es Binah, grand ordinateur et législatrice numérique.
L'irrationnel devient rationnel dans la nuit de la Reine statique,
Le rationnel devient irrationnel dans le mouvement du Patriarche tyrannique.

Tu es Elohim, qui façonne la vie et joue l'éternelle musique du chaos.

Tu es Shiva, Seigneur du Temps, dont la danse projette les éclats du destin sur les rives de l'entropie.

Tu es Dionysos au sourire plein d'ironie, l'objet travesti de ton miroir.


Morceaux joués au piano : Les gnossiennes n°1 et n°3 d'Erik Satie, qui se synesthétisent très bien avec le Logos.
Le morceau que je dois apprendre pour mardi : Le Petit Nègre de Debussy, à quatre mains avec Gabriel. Au boulot, feignasse !